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Gouvernement
S.Lecornu : "le bon sens doit redevenir la règle"

Avant de rencontrer individuellement chaque syndicat, le Premier Ministre adresse une lettre ouverte à tous les agriculteurs, et met au clair sa position sur plusieurs sujets majeurs.

© Facebook S.Lecornu

“Je ne vous écris pas pour vous rassurer, mais pour vous dire les choses clairement.” Avant de rencontrer les syndicats agricoles ce début de semaine, le Premier Ministre Sébastien Lecornu adressait une lettre ouverte aux agriculteurs le dimanche 4 janvier, pour exprimer la position du Gouvernement face aux nombreuses contraintes que rencontre la profession. “Notre boussole est désormais assumée : mettre fin aux deux poids deux mesures. Rétablir la justice économique. Supprimer ou adapter des règles qui pénalisent notre agriculture sans pour autant toujours protéger efficacement l’environnement ou la santé”, écrit le Premier Ministre dans sa lettre. Sur la DNC, Sébastien Lecornu souligne que “le gouvernement donnera tous les moyens nécessaires pour permettre aux autorités scientifiques d’adapter utilement le protocole sanitaire post-vaccination, mais aussi de garantir l’exportation du bétail vacciné. Cette crise doit aussi nous inciter à nous poser les bonnes questions, par exemple en identifiant les freins au développement d’une filière d’engraissement en France. Nous devons avoir des solutions sur le long terme et donc défendre une vision”.

"Les mêmes normes et contrôles pour tous"

Alors que l’accord UE-Mercosur est en passe d’être signé, la France maintient son opposition à l’accord. Dans la lettre, le Premier Ministre affirme que le Gouvernement va répondre en prenant des arrêtés “pour suspendre à l’importation des denrées venant de pays d’Amérique du Sud comme les avocats ou les pommes contenant des résidus de cinq substances pourtant déjà interdites en Europe. Nous poursuivrons en utilisant pleinement les leviers juridiques à notre disposition, que cela concerne les fruits et légumes mais aussi la viande importée qui ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires de l’Union européenne. Les contrôles sur les importations seront massivement renforcés, aux frontières et sur le territoire. Il appartient désormais à l’Union européenne d’amplifier rapidement ces actions à l’échelle de tout le marché européen. Le principe sera simple : les mêmes normes pour tous, les mêmes contrôles pour tous”. Sur le sujet des moyens de production et l’eau notamment, Sébastien Lecornu reconnaît que l’accès et sa gestion “ont été trop souvent bloqués par des décisions abstraites voire même des positions idéologiques” et dit avoir “donné l’instruction aux préfets de recenser tous les projets locaux, à taille humaine, aujourd’hui bloqués ou ralentis”. Le fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles verra notamment sa dotation multiplier par trois. “Un programme sur mesure sera déployé pour accompagner les projets adaptés aux réalités locales. Certains acteurs demandent une loi exceptionnelle, le gouvernement n’y est pas opposé dès lors qu’elle se construit avec toutes les forces présentes au Parlement pour qu’elle puisse réellement vite aboutir.”

"Le budget de la Pac ne baissera pas"

Sur la simplification des normes, autre demande forte des agriculteurs, le Premier Ministre se défend et dit que “des progrès ont été faits au cours des derniers mois mais il faut aller plus loin et plus vite. Je vous sais attaché aux règles communes, notamment dans le domaine sanitaire ou environnemental, sans lesquelles le marché européen serait sans foi ni loi, mais ces règles communes doivent être justes, proportionnées. Et simplifier les règles européennes, c’est aussi savoir les adapter quand les circonstances l’exigent. A cet égard, la hausse du prix des engrais liée à la mise en œuvre du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières risque d’entraîner des surcoûts négatifs pour nos agriculteurs. C’est pourquoi j’ai demandé à la présidente de la Commission européenne de trouver rapidement une solution permettant de neutraliser de manière temporaire les effets de ce nouveau mécanisme sur le prix des engrais.” Enfin, sur l’Europe également, Sébastien Lecornu veut tenir une ligne claire : “le budget de la PAC ne baissera pas, ni aujourd’hui, ni demain. Il n’y aura donc pas un centime de moins pour le revenu agricole. Quant aux accords commerciaux, ils seront combattus à chaque fois qu’ils seront déséquilibrés.” Si les positions semblent claires, la profession agricole attend désormais les actes concrets, pour apporter une lueur d’espoir à tout un métier qui en aurait bien besoin.

“Sans revenu, pas de production et sans production, pas d’avenir” 

La FDSEA du Tarn a adressé un courrier au préfet et aux parlementaires tarnais, pour mettre la pression avant la rencontre prévue à Matignon ce début de semaine : “En ce début d’année 2026, force est de constater que ni la France ni l’Union européenne ne portent aujourd’hui une vision claire ni un véritable projet d’avenir pour l’agriculture. Cette absence de stratégie pèse durablement sur les revenus agricoles, et tout particulièrement dans notre département. Le Tarn figure en effet parmi les territoires où les revenus agricoles sont les plus faibles de France. Le fait de ne pas avoir entendu les appels à l’aide répétés des agriculteurs tarnais a conduit à une radicalisation de la colère, qui s’est de nouveau exprimée avec force ces dernières semaines. À la FDSEA, nous défendons la mise en œuvre de solutions concrètes et pragmatiques pour répondre aux difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs tarnais. La vaccination préventive contre la DNC, afin d’enrayer sa propagation, en est un exemple. Une fois l’ensemble du cheptel tarnais vacciné, nous attendons désormais une évolution du protocole sanitaire vers un dépeuplement ciblé, limité strictement aux animaux positifs. Cependant, la DNC ne doit pas occulter l’ensemble des autres menaces qui pèsent sur nos exploitations agricoles : accord Mercosur, réforme de la PAC, nouvelle taxe MACF, absence de budget dans le cadre du PLF, crises touchant la viticulture, les grandes cultures et la filière laitière, menaces sur nos moyens de production — eau, produits phytosanitaires et foncier — sans oublier l’augmentation continue des charges d’exploitation. Nous disons STOP ! Sans revenu, il n'y a pas de production ! Sans production, il n'y a plus d'avenir ! Face à cette situation alarmante, la FDSEA demande la mise en œuvre d’un véritable plan de souveraineté alimentaire. Celui-ci doit se traduire par des mesures concrètes d’accompagnement à la production agricole, permettant à chaque agriculteur tarnais d’entreprendre, de vivre de son métier et de contribuer à des territoires vivants et dynamiques. Il est temps de passer de la parole aux actes !”

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