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Sol & Eau en Ségala relance sa dynamique vertueuse

Le jeudi 8 octobre à Monestiès, l'association proposait à plus d'une quarantaine d'agriculteurs, partenaires et décideurs une immersion dans le monde l'agriculture de conservation.

Depuis la fosse pédologique, la formatrice Emmanuelle Richard a milité pour une connaissance très locale des sols. Ceci afin d'éviter de se lancer dans le 100% semis direct alors que les conditions ne seraient pas favorables. Christophe Rieunau a mis en avant l'atout pour le territoire et le sol que représente le maintien l'élevage.
Depuis la fosse pédologique, la formatrice Emmanuelle Richard a milité pour une connaissance très locale des sols. Ceci afin d'éviter de se lancer dans le 100% semis direct alors que les conditions ne seraient pas favorables. Christophe Rieunau a mis en avant l'atout pour le territoire et le sol que représente le maintien l'élevage.
© Le Paysan Tarnais

Aujourd’hui, je me dis : Pourquoi tu n’as pas fait ce changement plus tôt ?, telle était la con-clusion du nouveau président de l’association Bruno Doumayzel. Pour parvenir à ce constat, il a auparavant expliqué son parcours. Installé hors cadre familial en 1993, c’est un violent orage en 2011 qui a produit le déclic. «Tous mes labours étaient ravinés, j’ai passé une semaine à remonter toute la terre», s’est rappelé l’éleveur. Cette amère expérience a également été vécu par d’autres membres de l’association qui se sont alors lancés dans un changement de pratiques. L’objectif premier était de réduire le travail du sol.

SANTÉ DES SOLS & DES TROUPEAUX

Sans oublier que les premières années comptables ont été un peu chahutées, l’éleveur est satisfait des évolutions en si peu d’années. «Désormais, mon bétail est nourri à 100 % avec les produits de la ferme. Je n’achète plus de soja des USA ou du Brésil, maintenant je m’appuie sur la luzerne.» Un point qui fait écho chez d’autres membres de l’association. «Je suis assez satisfait de ne pas me rendre complice de la déforestation au Brésil», soulignait Patrick Nicouleau, agriculteur au Garric. La réduction des émissions - induites par le transport des aliments mais aussi par moins de passages dans les parcelles - compte pour les membres de l’association. Ils répondent déjà aux demandes en sécurisant les productions locales et en stockant du carbone.

Les éleveurs présents ont témoigné de la performance du pâturage tournant dynamique. «C’est très technique. Mais on sait désormais que des parcelles délaissées peuvent redevenir productives grâce à l’agriculture de conservation avec jusqu’à 6-7 tonnes de MS/ha, rapportait Patrick Nicouleau. Il y a 0 engrais, 0 mécanisation. Il faut juste travailler pour faire les clôtures !» Alors qu’ils sont prioritairement destinés à nourrir le sol, les couverts ont aussi été pâturés dans le groupe. «Il faut donc penser à en laisser pour les vers de terre.»

PROTECTION DE L’EAU & GLYPHOSATE

Pierre Boutonnet, agriculteur a partagé son expérience sur sa ferme de Valdériès avec l’assistance. Outre la réduction de l’érosion, il a constaté que l’ACS (agriculture de conservation des sols) participe à la réduction de l’usage des produits phytosanitaires. «En ce qui concerne le glyphosate, on arrive à réduire les doses par 3 facilement. Il faut considérer qu’il est un remède en cas de problèmes de salissement, détaillait l’agriculteur. Si on nous le supprime, nous serons confrontés à des blocages.»

Derrière ce discours, réside la crainte pour tous les agriculteurs en ACS de voir s’échapper les tonnes de matière organique stockées - et donc le carbone - depuis le sol vers l’atmosphère. Face à ce risque, Patrick Nicouleau a ainsi appelé les pouvoirs publics à soutenir les initiatives «Quand on soutient l’agriculture de conservation des sols, on aide une agriculture locale et de qualité. Si on nous aide, on va aider l’environnement. On tient un levier qui aider la planète.»

LE SAVOIR-FAIRE RECONNU PAR LE DÉPARTEMENT

Accompagné de la conseillère départementale Aline Redo,le président Christophe Ramond s’est dit impressionné par le niveau technique des agriculteurs et des sujets abordés par Emmanuelle Richard conseillère indépendante d’Agronomie et terroirs. «C’est un réel plaisir de constater notre chance d’avoir une agriculture qui essaie d’innover !» Rappelant les partenariats financiers avec la Chambre, la Maison de l’élevage, l’ail de Lautrec, … l’élu a souligné avec humilité et confiance le rôle de la collectivité. «Le Département doit être un facilitateur. Il n’a pas vocation à dire aux agriculteurs quoi faire. Notre agriculture de qualité fait vivre nos villages. […] Nous soutenons Sol et eau en Ségala depuis son lancement. Les réussites économiques et les avantages de vos pratiques ont été démontrées. Nous allons vous encourager et vous accompagner.» Rendez-vous est pris !

Flavien ROUSSEL

Des pratiques vertueuses validées par une étudiante de Purpan

Pour son stage de 3ème année, Chloé Trouillot a enquêté sur les fermes des membres de l’association grâce à des entretiens. Après un bilan sur les motivations, avantages/inconvénients à changer de pratiques, l’étudiante a exposé les bienfaits du fonctionnement en association. La possibilité de se former et d’échanger avec le groupe pour partager les expériences négatives et positives apparait comme un point fort. Côté technique, le rechargement des prairies en direct, le semis dans les couverts fonctionnent bien. Le succès du pâturage tournant dynamique et la nette baisse de l’usage des phytos sont aussi des points de satisfaction. Chloé Trouillot a souligné l’importance des accompagnements pour assurer la réussite dans ce changement de pratiques.

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