Dossier Tourisme
"On souhaite faire connaître notre ferme autrement"
Sur la commune de Larroque, la famille Cazeaux fait de l’accueil à la ferme une activité à part entière dans le développement de son exploitation en porcs noirs gascons.
Sur la commune de Larroque, la famille Cazeaux fait de l’accueil à la ferme une activité à part entière dans le développement de son exploitation en porcs noirs gascons.
Éleveurs et naisseurs-engraisseurs de porcs noirs gascons en plein air, Serge et Léa Cazeaux adhèrent au dépassement de fonction depuis de nombreuses années déjà. La Ferme les Chênes a toujours été emballée par l’idée d’accueillir du public. À seulement 24 ans, la jeune femme représente la troisième génération de l’exploitation. Née à la ferme, elle y a grandi au rythme des saisons, des animaux et des projets. Mais c’est son père Serge qui est aujourd’hui à la tête de l’entreprise. Pourtant, son objectif est clair : reprendre un jour la ferme familiale. Longtemps connue sous le nom de Ferme Auberge des Chênes, l’exploitation a évolué. Si le restaurant n’existe plus aujourd’hui (voir encadré), le nom est désormais associé à la conserverie et aux nombreuses activités développées sur le site. L’équipe est constituée du duo familial, épaulé par deux salariés et parfois par les deux sœurs de Léa, encore en études, qui apportent leur aide dès qu’elles le peuvent.
Soirées "Brame du cerf", une aventure lancée il y a 15 ans
Ces soirées ont vu le jour il y a une quinzaine d’années. L’idée était simple : faire découvrir au public la richesse de la forêt de Grésigne et la présence de ses grands cervidés. “On voulait montrer aux gens ce spectacle incroyable. Les emmener marcher de nuit en forêt pour écouter le brame du cerf, c’est quelque chose qui marque. Moi je ne m’en lasse toujours pas”, confie Léa. Chaque année, de la mi-septembre à la mi-octobre, du jeudi au dimanche soir, les visiteurs vivent une expérience unique durant ces soirées (réservées aux adultes) qui prennent la forme de banquets conviviaux.
Une vitrine du terroir
Au-delà de l’expérience en forêt, ces soirées sont aussi l’occasion de mettre en avant le travail réalisé sur la ferme auprès des 150 porcs noirs gascons, spécialité de la maison. Cette race rustique est élevée en plein air et grandit lentement : “Il faut pour chaque animal près de deux ans pour atteindre 90 kilos. La différence avec le porc classique ? C’est une viande plus goûteuse et beaucoup plus persillée.” Le banquet, proposé à 45 euros tout compris (avec la balade), met les produits de la ferme à l’honneur avec notamment des planches de charcuterie, de l’échine de porc ou encore du cervidé (accompagnés de pommes de terre cuites à la graisse de canard). À l’issue de la soirée, les visiteurs peuvent découvrir la boutique installée sous un chapiteau et repartir avec les produits de la conserverie. Parmi les meilleures ventes figurent le boudin et le saucisson, largement plébiscités par les plus gourmands.
Deux gîtes au cœur de la campagne
De juin à la mi-octobre, la Ferme les Chênes accueille les touristes grâce à deux gîtes au cœur de la ferme. Le premier peut accueillir dix personnes, le second entre six et huit. Tous deux disposent de leur piscine et d’un terrain de pétanque notamment. La clientèle est composée aussi bien de Français que d’étrangers, même si la tendance évolue d’années en années selon Léa Cazeaux : “On accueille de plus en plus de visiteurs de proximité. Le tourisme est plus compliqué qu’avant, notamment avec l’augmentation des coûts de transport. Mais ceux qui viennent repartent souvent surpris : ils pensent être perdus au milieu de la campagne et découvrent finalement qu’ils sont proches des villages médiévaux ou encore du circuit viticole.”
La guinguette, c'est la nouveauté de cet été
Initialement agriculteurs, les gérants de l’exploitation larroquaise font aussi de leur élevage une expérience touristique et gastronomique pour leur clients. Une source de revenus complémentaires certes, mais aussi une manière de développer tout un métier. “Honnêtement, on ne dort pas beaucoup !” admet Léa. À la ferme, les journées commencent très tôt et se terminent souvent tard. Chacun a son rôle : Serge Cazeaux s’occupe principalement de l’élevage tandis que sa fille pilote l’événementiel et le développement. Son ambition dépasse clairement la simple activité agricole : “Aujourd’hui selon moi, il faut faire connaître les fermes autrement si on veut faire évoluer les choses, pense-t-elle. J’aime ce concept d’événements éphémères. On veut aussi montrer que les agriculteurs ne sont pas seulement des gens isolés au fond de leur campagne qui ne sortent jamais.” Cette année marque également le lancement d’un nouveau projet : une guinguette au bord de l’Aveyron, sur la commune d’Albias (82). Ouverte du jeudi au dimanche soir, sans réservation, elle propose une cuisine inspirée de celle de la ferme, complétée par du bœuf issu d’un producteur du Tarn-et-Garonne notamment. Cocktails, spectacles, théâtre, one-man-show et soirées à thème sont prévus pour animer le lieux tout au long de la saison.
Pendant l’été sur la partie événementielle, l’activité de la ferme bat son plein. “Nous n’avons pas vraiment de périodes creuses. Dès la mi-octobre, on attaque les repas d’entreprise et on met en avant notre partie traiteur. Puis arrive la période de fêtes et l’expédition de coffrets gourmands partout en France”, explique la productrice, fière et motivée à l’idée de porter haut et fort les richesses de la production locale : “Notre priorité, c’est que les clients continuent à nous faire confiance et qu’ils comprennent l’importance d’acheter français et pas chez nos voisins étrangers !”
Après l'incendie, la mobilisation
Le 18 août 2024, un incendie frappe durement l’exploitation. Un véritable choc pour la famille comme pour les nombreux habitués. Pourtant, il n’était pas question d’annuler les soirées du brame. Grâce aux réseaux sociaux, la famille Cazeaux a pu compter sur un énorme soutien de leurs proches et de leurs clients, qui ont participé à relancer la machine. ”Les gens avaient envie de nous aider. C’était un élan de solidarité incroyable. Ce sinistre nous a tous profondément attristés, mais il nous a aussi montré à quel point notre clientèle était attachée à la ferme.” À terme, les gérants ne verraient pas d’un mauvais œil l'idée de reconstruire un véritable restaurant sur la ferme.