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Substances interdites : le risque n'est pas toujours là où on le croit !

La FDSEA et les JA du Tarn sont allés dans les rayons des magasins tarnais pour dénoncer le fait que des substances interdites en agriculture se retrouvent dans les produits du quotidien.

Pourquoi un pesticide interdit en agriculture, malgré un usage professionnel et encadré par un protocole réglementaire, peut se trouver en vente libre pour le grand public, sans aucun contrôle ? C’est cette aberration que les agriculteurs de la FDSEA et des JA du Tarn ont dénoncé en faisant le tour des enseignes commerciales tarnaises, vendredi 11 octobre. Trois délégations conduites par Ludovic Marlot (co-secrétaire général FDSEA 81) à Albi, Cédric Vaute (co-secrétaire général adjoint FDSEA 81)à Castres et Sylvain Laganthe (co-secrétaire général JA 81) à Gaillac, ont fait la démonstration devant les médias que «le danger n’est pas toujours là où on le croit !»

«Regardez-ça, démontre Ludovic Marlot en décrochant d’un rayon de supermarché une boîte d’antipuces pour chien estampillée Fipronil. Cette matière active qu’on utilisait dans la terre pour du traitement de semences est interdite en agriculture depuis 2003-2004. Mais on peut donc en mettre sur les animaux domestiques, ça ne pose pas de problème…» Et les exemples sont malheureusement légion. «Effets néfastes à long terme, peut être mortel en cas ingestion par les voix respiratoires», peut-on encore lire sur cet antimoustiques pourtant plébiscité par le grand public. Aberrant, non ? D’autant que «lorsqu’on utilise des produits en agriculture, on respecte tout un protocole de sécurité, souligne Thierry Roch, agriculteur à Carlus. Or le particulier qui utilise ça chez lui, vit en permanence dans sa maison à respirer et manipuler ces produits sans précaution particulière… »

Les dangers pointés par les syndicats ne se cantonnent pas aux insecticides et aux antiparasitaires, loin de là. Les autres rayons réservent bien des mauvaises surprises… Qui pourrait imaginer que des ingrédients interdits en agriculture se retrouvent dans des produits d’hygiène pour bébé, par exemple ? C’est pourtant le cas. Sodium hydroxide et sodium chloride sont des substances interdites dans les fermes, mais bien présentes dans des savons et shampoings de grandes marques utilisés quotidiennement, sans restriction aucune. Et le marketing peut être trompeur. Exemple avec ce gel douche estampillé «Vegan», qui joue la carte verte à plein tube, et revendique 92% d’ingrédients d’origine naturelle… mais qui contient pourtant les mêmes molécules !

Une inégalité de traitement

À chaque mauvaise surprise en rayon, les agriculteurs collent des autocollants sur les produits incriminés et scotchent des affiches pour alerter les consommateurs et porter le message d’un certain «bon sens paysan».

Car forts de tous ces constats, les agriculteurs ne peuvent plus supporter l’agribashing ambiant. «Nous menons une action symbolique pour demander une égalité de traitement, réclame Ludovic Marlot. On ne peut pas toujours être désignés comme les uniques fautifs et responsables de tous les maux de la planète ! Si ces produits sont si mauvais que ça, il faut aussi les enlever des habitations, des écoles, des maisons de retraite, etc.» Cette égalité de traitement est d’autant plus urgente en ce moment, avec de débat au sujet des zones de non traitement (ZNT). Éleveur bovin lait à Puygouzon, dans l’agglomération albigeoise, Thierry Roudez vit cette problématique en première ligne. «Petit à petit ça s’est construit partout et nos parcelles sont maintenant voisines d’habitations. On fait tout ce qu’il faut pour limiter les nuisances. On enfouit par exemple aussitôt le lisier après l’avoir épandu. On était pourtant là avant toutes ces habitations… Si demain on ne peut plus rien faire à moins de 150 m des logements, on ne pourra plus rien faire. Tout sera en friche, et je ne suis pas sûr que ce sera mieux pour les habitants…»

D. Monnery

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