Vendanges
Une belle qualité malgré une baisse des rendements
Après un été de tous les records en termes de chaleur et de sécheresses, les vendanges se terminent. La production est en baisse partout mais la qualité du raisin est au rendez-vous.
Après un été de tous les records en termes de chaleur et de sécheresses, les vendanges se terminent. La production est en baisse partout mais la qualité du raisin est au rendez-vous.
Il n’y aura pas de miracles : après la sécheresse et les fortes chaleurs de cet été caniculaire, le cru 2026 s’annonce peu conséquent. "Entre 30% de pertes et jusqu’à -50% pour les plus mal lotis", estime Cédric Carcenac, président du Syndicat AOC Gaillac. Les variations de pluviométrie d’août et septembre, entre le plateau cordais, la plaine du Tarn et les 140 mm enregistrés localement à Labastide-de-Lévis, ont joué sur les dates et la qualité de la vendange. D’autant que la fin de saison est encore très chaude.
“Mais qualitativement c’est très beau, nuance le viticulteur basé à Montans. Les fruits, les tanins, les couleurs sont jolis. Certes on jongle avec des degrés élevés, entre 13 et 14, mais pour des vignes matures, c’est normal.” Cette qualité fait de 2026 une année meilleure que les deux précédentes. La météo a été plutôt clémente sur l’année : pas de gel, pas de grêle, de l’eau et pas de maladies. “Globalement, tout le monde re-signe pour une année comme celle-là”, indique Cédric Carcenac.
Vendanges “éclair”
Chez Damien Bonnet, vigneron du domaine de Brin sur le plateau cordais, “on s’en sort pas si mal”. “Les rendements sont en baisse d’environ 30% mais les vignes ont encaissé, surtout après deux épisodes pluvieux à la mi-août puis au démarrage des vendanges fin août.” Des pertes ont tout de même été enregistrées sur des parcelles où l’agriculteur a fait des coplantations : “C’était un pari mais ça n’a pas fonctionné. Même en arrosant, j’ai perdu des plantiers qui remplaçaient les vieux ceps. Les vignes plus matures ont fait de la concurrence aux jeunes plants”.
Particularité de cette année, les vendanges manuelles des 14 hectares ce domaine en bio ont été “éclair” : “on a travaillé le même nombre de jours mais en plus concentré. Et on n'avait jamais terminé aussi tôt”, explique Damien Bonnet. Avec la chaleur, les degrés sont vité montés, notamment sur les cépages Loin de l’oeil en blanc et Duras en rouge.
“Beaucoup de retard de maturité”
Pascale Roc-Fonvieille, vigneronne du domaine Borie Vieille, n’a pas eu autant d’eau.
Ses 30 hectares de vignes situées à Lisle-sur-Tarn n’ont reçu que 16 mm à la fin du mois d’août. Un peu tard pour que cela fasse effet : “On a eu beaucoup de retard de maturité”, explique-t-elle. La productrice a préféré attendre un peu avant de ramasser, quitte à perdre du volume, “pour avoir une vraie maturité, voire une surmaturité qui permettront d’avoir des cuvées de plus haut niveau. D’habitude on vendange avant les vignerons du plateau, là c’est l’inverse.”
Le rendement des vieilles vignes a baissé de 10 à 15% quand celui des jeunes vignes diminue d’environ 30%. “Il ne faut pas se leurrer, le goutte à goutte va devenir nécessaire”, estime Pascale Roc-Fonvieille, qui appelle de ses vœux des aides pour pouvoir s’équiper. “Sinon on ne pourra pas continuer.”