Sanitaire
Une mobilisation et une collaboration exemplaire face à la DNC
Le Groupement de défense sanitaire (GDS) du Tarn a tenu son assemblée générale mardi dernier. Les questionnements latents sur la DNC ont occupé une bonne partie des discussions.
Le Groupement de défense sanitaire (GDS) du Tarn a tenu son assemblée générale mardi dernier. Les questionnements latents sur la DNC ont occupé une bonne partie des discussions.
Les points à l’ordre du jour de l’AG du Groupement de défense sanitaire (GDS) du Tarn étaient nombreux. Cette année, la structure s’est très fortement mobilisée pour la vaccination à marche forcée contre la dermatose nodulaire contagieuse. A ce titre, le président du GDS du Tarn, Patrick Gayrard, a salué la “forte mobilisation départementale des vétérinaires, des éleveurs, des équipes du GDS et des services de l’Etat pour vacciner en un temps record l’ensemble des bovins tarnais”. 150 000 vaccinations ont été enregistrées et “grâce à l’entraide locale, des cheptels déqualifiés ont même pu être régularisés.” Le département a été scindé en deux parties, une Zone vaccinale 1 qui concerne 90% des éleveurs et une Zone vaccinale 2 au sud, qui s’étend sur 37 communes situées à moins de 50 km d’un foyer situé dans l’Aude.
“Les structures n’ont eu de cesse de se mobiliser pour demander une différenciation de la ZV1 qui est une zone indemne par rapport à la ZV2”, a rappelé le président [...] Nous avons argumenté pour obtenir un allègement des mesures ainsi que la simplification des protocoles.” Malgré les restrictions, 1 840 demandes de laissez-passer ont été émises depuis le Tarn pour 15 600 bovins, en faisant l'un des départements les plus moteurs de la région Occitanie. 3500 animaux du Tarn sont partis à l’export depuis le 10 avril dernier.
La ZV1 a arrêté la vaccination au 30 septembre et devrait obtenir son statut indemne au 31 mai 2027. Pour la ZV2, l’arrêt de la vaccination se fera au 31 décembre 2026 pour un retour au statut indemne prévu le 1er septembre 2027. Mais de nombreuses questions restent en suspens, notamment sur les conditions de réalisation des tests PCR pour les animaux qui doivent sortir en zone indemne et vers l’Europe (hors animaux vaccinés et veaux sous immunité maternelle). Un premier retour oral du ministère de l’Agriculture demande un test d’une validité de maximum 5 jours : impossible à tenir selon le GDS qui demande 10 jours minimum. Les professionnels demandent aussi que le laboratoire du Tarn reçoive un agrément (actuellement seuls deux laboratoires sont agréés en Haute-Garonne et dans les Pyrénées orientales). Les services de l'Etat se mobilisent sur ces sujets comme l'a confirmé le préfet du Tarn Simon Bertoux. Pour les animaux en ZV2, le GDS souligne qu’il est important de re-vacciner ses animaux d’ici le 31 décembre, surtout les gestants, pour prolonger leur immunité car au-delà, les tests PCR sont à la charge de l’éleveur. Ces vaccinations sont à anticiper dès novembre.
Autre sujet qui fâche : "la simplification et la supression" du laissez-passer en ZV1 annoncée par la ministre Annie Genevard pour les bovins vaccinés. Premiers retour du GDS : “la simplification ça n’est que pour les services de l’Etat”, commente Adélaïde Pellat. Les éleveurs devront toujours faire leur demande sur une plateforme et faire un examen clinique mais n’auront plus à attendre la réponse de la DDETSPP. La demande des professionnels est donc d’organiser une seule visite vétérinaire pour les prélèvements et l’examen clinique avant départ. Il est également demandé de n’avoir qu’une seule plateforme pour les démarches numériques; dirigeant l’éleveur vers le laissez-passer ou la démarche qui conduit au récepissé. “Le travail n’est donc pas terminé sur ce dossier. La gestion sanitaire est collective et ne peut aboutir que par l’implication de tous et de l’ensemble des acteurs du sanitaire” a conclu Patrick Gayrard.
Le mot du président
Le président du GDS et de la Maison de l’élevage a aussi tenu à faire le point sur l’année 2026, “particulièrement compliquée pour nous éleveurs, cumulant plusieurs problématiques” : au-delà de la crise de la DNC, la crise climatique a débouché dans les prairies sur des secondes coupes “quasi inexistantes”, les rendements de maïs ont chuté et une pénurie de fourrages devra “nécessiter des adaptations au cas par cas”. Les prix des produits sont aussi en baisse alors qu’en parallèle les prix des carburants et des engrais “explosent”. Patrick Gayrard a également rappelé que depuis le 1er janvier, la disparition de la notion d’EDE (Etablissement départemental de l’élevage) avec un pilotage par la chambre d’agriculture France, n’a pas eu de conséquences au niveau du Tarn car la Chambre départementale a privilégié “la simplification et le coût le plus faible pour les éleveurs”. “Aucun changement n’est visible pour nous éleveurs”, se satisfait le président.