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Une première visite calamités agricoles pour mesurer les dégâts du gel

La Direction départementale des territoires (DDT) s'est rendue dans plusieurs vergers du département, avec des représentants de la Chambre d'agriculture et des agriculteurs.

Place à la constatation des dégâts du gel sur le terrain. Après la visite exceptionnelle initiée par la Chambre d'agriculture, avec le soutien de la FDSEA, des JA et de la Maison des vins, pour témoigner de la rare virulence de la catastrophe devant les pouvoirs publics et les élus tarnais, samedi 17 avril (lire le Paysan Tarnais de la semaine dernière), la Direction départementale des territoires (DDT) a organisé une première visite "calamités agricoles", mercredi 21 avril. Les services de la DDT, accompagnés d'un représentant de la Chambre d'agriculture et de deux agriculteurs non concernés par l'épisode de gel, ont passé la journée à sillonner le département à travers plusieurs vergers pour mesurer les pertes. Les arbres fruitiers ont ainsi été passés au crible sur des exploitations basées à Penne, Gaillac, Lavaur, Montdragon, Miolles, ainsi qu'un plantier de vigne à Cunac.

"Partout nous avons vu de gros dégâts sur tous les fruits à noyaux (cerises, pêches, abricots, prunes...), il n'y a plus rien sur les arbres, commente Marie-Line Bruel qui a suivi la visite au titre des agriculteurs non touchés par l'épisode du gel. Pour les pommes, il ne reste plus grand chose des variétés précoces et on ne sait pas encore vraiment ce que ça donnera pour les variétés tardives." Une nouvelle visite est d'ailleurs prévue trois semaines après ce premier déplacement pour mesurer plus finement la situation sur les pommiers et les poiriers.

L'UTILITE DE LA PROTECTION

Ce premier épisode a en tout cas montré l'utilité des mesures de protection. Les kiwis protégés par aspersion ont en effet mieux résisté. Et, là où des bougies ont pu être allumées, un effet bénéfique a été constaté.

"Cela montre l'importance des outils d'aide à la décision qui permettent de déclencher les dispositifs antigel", constate l'agricultrice. L'accompagnement des agriculteurs dans ces investissements apparaît primordial. Les témoignages des arboriculteurs font également ressortir le besoin d'avoir de l'eau en quantité suffisante pour assurer le débit nécessaire à la protection des arbres : un minimum de 40 m3 par heure et par hectare est requis. Enfin, l'autorisation du chômage partiel et sa prise en charge revient comme une priorité pour les arboriculteurs. Le manque de travaux en vert à effectuer cette année et les chamboulements que cet épisode de gel implique sur le reste de la chaîne logistique des exploitations doit être pris en compte. "Il est important pour nous de pouvoir conserver sur nos exploitations les compétences des personnes que nous avons formées pendant plusieurs années", souligne Thierry Garrigues, chef d'exploitation des Vergers du Bosquet et président des arboriculteurs du Tarn.

QUID DE L'HERBE ET DES CEREALES ?

"Douze jours de gel, c'est un phénomène rarissime alors que, d'habitude, le gel peut s'abattre quatre ou cinq jours par saison", résume Marie-Line Bruel. Au-delà des pertes constatées pour les arboriculteurs et les viticulteurs, des effets néfastes sont-ils aussi à redouter pour les autres productions ? Les représentants de la profession agricole restent mobilisés pour surveiller attentivement la pousse de l'herbe et des céréales impactées également par une sécheresse précoce.

D. Monnery

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