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Économie
Une saison morose pour les marchés d'été

La fréquentation des marchés et événements estivaux a pâti des canicules, entraînant un manque à gagner pour les producteurs. Ils témoignent.

La météo, le contexte mondial incertain et l’actualité nationale centrée sur les incendies… Difficile de trouver de l’entrain pour sortir et se faire plaisir. C’est en tout cas le constat fait sur les marchés de producteurs, les événements à la ferme et les apéros vignerons : la clientèle n’était pas forcément au rendez-vous et les budgets étaient plutôt serrés. Si cela était particulièrement marqué en juillet, le mois d’août s’est un peu rattrapé. Et heureusement, l’envie de déguster de bons produits reste essentielle pour les locaux comme pour les touristes. Tour d’horizon de quatre producteurs tarnais.

Frédéric Vernhères, la Ferme de la Métairie Neuve, Saint-Paul-Cap-de-Joux

“J’observe une bonne baisse de la consommation sur les marchés d’été. Pour moi, l’engouement post-covid s’est vite essoufflé, les habitudes de consommation ont changé et le portefeuille s’est restreint. D’habitude en août ça marche un peu mieux mais cette année ça n’a pas été brillant. A Castres, j’ai vu la population locale disparaître un peu. La faute à quoi ? Il y a de plus en plus d’événements, pas forcément le même soir mais cela a un impact. Cette année, je fais plus de chiffre à Revel, qui a une clientèle assez touristique avec le lac de Saint-Ferréol à côté. Avec la canicule, les gens sont moins sortis. Le pire, c’était le 14 juillet, avec l’interdiction de vente d’alcool et le match de football, je ne suis même pas allé sur le marché mais certains collègues n’ont servi qu’une dizaine de personnes ! Cet été, j’ai fait jusqu’à 800 euros de chiffre d’affaires sur mon plus gros marché quand il y a trois ans je faisais le double, à plusieurs reprises. Peut-être qu’il faudrait que je réorganise des soirées à la ferme, je me pose la question. Mais cela demande beaucoup de travail, des bénévoles et de la logistique.”

Fabienne Maurel, Domaine des Cances à Senouillac

“On a fait les marchés gourmands d’Albi, d’Aiguelèze, de Cagnac et Puycelsi notamment. Le mois de juillet a été très calme, on a vu peu de touristes et les habitués ne se sont pas forcément déplacés. La chaleur a été très pénalisante, autant pour le public que pour nous. Cela fait plusieurs années que l’on fait ces marchés et on n’avait jamais connu cette situation. On peut se satisfaire néanmoins d’un retour du public depuis la mi-août, on le constate sur plusieurs événements et c’est forcément une bonne nouvelle. On espère que cela va tenir comme ça jusqu’à la fin de la saison. Les marchés gourmands sont pour nous essentiels car nous n'avons pas de local au domaine pour vendre directement au public. On se déplace aussi sur les marchés de producteurs l’été et le reste de l’année. Actuellement, les semaines sont plutôt chargées, avec en plus le démarrage des vendanges depuis quelques jours.”

Damien Cabrit, la Ferme Cabrit à Livers-Cazelles

“Le mois de juillet a eu beaucoup de mal à démarrer, on a constaté une certaine morosité ambiante, par rapport à l’actualité des feux, à la canicule. Puis le public est arrivé progressivement à partir de la dernière semaine de juillet, et mine de rien, cela tient encore au-delà du 15 août. La fréquentation s’est concentrée cette année sur trois semaines, avec pas mal de touristes, essentiellement français. Les locaux sont aussi présents mais plutôt au début et à la fin de la saison, ils laissent passer la vague touristique. On sent néanmoins qu’il y a une contrainte budgétaire, les gens n’achètent plus forcément de choses à partager pour démarrer la soirée, on passe directement au plat car l’on sait exactement combien l’on dépense. Pour notre ferme, ces marchés estivaux restent essentiels. Malgré toutes les contraintes, les gens sont demandeurs de produits locaux et il faut s’appuyer sur ça. On voit qu’ils apprécient de discuter avec l’éleveur, de savoir d’où vient le produit. Et quelqu’un qui revient de semaine en semaine pour goûter spécifiquement notre viande, ça fait forcément chaud au cœur. En plus de la vente à la ferme, on va essayer de trouver d’autres marchés de ce type hors saison, peut-être à Noël, pour compléter l’activité.”

Philippe Basse, la Ferme du Buisson Blanc, le Ségur

“On a eu globalement moins de monde cet été, à cause de la météo et du contexte mondial morose. Mais les marchés de plein vent qu’on fait toute l’année ont été moins impactés que les deux apéros-vignerons qu’on fait au domaine d’Escausses et aux Vignals. Donc les gens continuent d’acheter pour la vie quotidienne, mais pour tous les extras, on a vu moins de clientèle et des dépenses moins importantes. On l’a aussi vu lors de notre soirée à la ferme qu’on organise chaque année après le 15 août : on a eu 300 à 350 personnes alors que les années passées on atteignait 500, 600 personnes. Donc oui, il va manquer du chiffre d’affaires à la fin, mais ça aurait été pire si on avait misé sur davantage de marchés estivaux.”

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