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Bovins viande
Veau du Lauragais : la coopérative face aux défis du moment

Malgré quelques motifs d’espoir, les éleveurs font face à une baisse du prix des peaux et une quantité de veaux insuffisante. 

Les adhérents de la coopérative du veau fermier du Lauragais s’étaient donnés rendez-vous le jeudi 30 mars à Puylaurens pour leur assemblée générale ordinaire. Une première assemblée pour le nouveau président Romain Biau, arrivé à la tête de la coopérative après le départ de Didier Codecco. L’occasion de dresser le bilan de l’activité sur l’année 2022. 
Après la présentation des comptes qui a fait état d’un résultat en négatif pour 2022, le président a annoncé un chiffre d’affaires en légère hausse par rapport à l’exercice précédent, ce qui se traduit par une augmentation du nombre de veaux vendus (+ 22 pour s’établir à 1 247 veaux). En revanche, la coopérative constate un nombre de veaux disponibles insuffisant. “On aurait pu en vendre encore plus mais on a manqué de veaux”, souligne Romain Biau. Le carnet des veaux se remplit plus lentement, avec aujourd’hui seulement deux semaines d’avance au lieu d’un mois et demi habituellement. Un constat qui a notamment poussé certains éleveurs à se tourner vers la production de Broutards et de veaux d’Italie en 2021 et qui ne sont pas revenus vers le veau du Lauragais. Certaines exploitations ont également diminué leur cheptel ou tout simplement arrêté (1 arrêt en 2022). 

Plus de qualité

“On note tout de même un petit motif d’espoir avec l’enregistrement de trois nouveaux exploitants dont deux retours”, se satisfait le président. Côté bonnes nouvelles, la coopérative constate aussi une amélioration sur la qualité des veaux, avec une augmentation de 72% sur la quantité de veaux labélisables (+ 170) et 79% sur les veaux labélisés (+ 115). Grâce au maintien d’une forte demande, les prix au kilo de carcasse ont aussi augmenté (+ 4,47% sur l’année). “Cela était nécessaire au vu du contexte économique dans les élevages. Cela représente + 0,90 € sur le kilo de carcasse en moyenne”, ajoute Romain Biau. 

Des charges en hausse

Mais la situation économique reste encore tendue pour la coopérative, avec des charges nettement en hausse : “avec la fluctuation des cours du pétrole, nous nous sommes retrouvés avec des coûts de transport très fluctuants nous faisant perdre de l’argent. C’est pour cela qu’il a été décidé en conseil d’administration de facturer au prix coûtant chaque fin de mois aux boucheries le transport de leurs carcasses. Les fressures prises au détail, notamment pour la tête et les pieds, seront facturées. Mais cela ne suffira pas”, admet Romain Biau. La principale cause des pertes est la baisse du prix des peaux. Sur les dix dernières années, le prix a baissé de 25 € par peau, ce qui a fait perdre à la coopérative environ 20 000 € par an. “C’est pour cela que, en partenariat avec les abattoirs de Puylaurens, nous recherchons de nouveaux débouchés plus rémunérateurs. Des pistes sont en cours d’étude. Mais si nous décrochons un meilleur marché pour nos cuirs, il nous faudra le pérenniser en ayant des cuirs de bonne qualité. Beaucoup sont abîmés par les blessures, teignes ou encore poux qui sont aussi pénalisant sur la vie du veau. Il faut donc être conscient qu’améliorer la qualité du cuir, c’est aussi et surtout moins de stress pour les veaux et par conséquent, une amélioration des carcasses et du prix à l’éleveur.” C’est dans cette optique là que Marlène Cournarie, du comité interprofessionnel du veau sous la mère (CIVO), est intervenue en fin de séance pour présenter aux adhérents les méthodes et techniques pour réduire les défauts sur le cuir. Pour clôturer l’assemblée, le président a adressé un message d’espoir pour les éleveur  : “Nous allons continuer à essayer de rendre attractif notre métier et le faire connaître. La demande est là car notre savoir-faire ne peut être importé de l’étranger et notre production qui est unique laisse entrevoir des jours meilleurs.”

Prochain concours de veaux

Organisé avec la mairie de Puylaurens, le prochain concours de veaux de la coopérative se tiendra le mercredi 19 avril prochain. “Ces concours sont importants pour mettre en avant notre métier et notre savoir-faire, et permettre un contact entre éleveurs et bouchers qui devient de plus en plus rare”, reconnaît le président. 
 
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