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Du gaz local, vert et agricole ? C’est possible !

Dans le cadre du dossier énergie renouvelable de cette semaine, le Paysan Tarnais est allée à la rencontre de Jacques et Pierre Assemat, éleveurs à Aiguefonde. Ils injectent le gaz de leur méthaniseur dans le réseau. Leur investissement vertueux bénéficie aux habitants et aux entreprises.

© Le Paysan Tarnais

Installé en 2009, Pierre Assemat avait une vision élargie du métier d’agriculteur. Le contexte de crise n’empêchait pas l’atelier laitier de rester un pilier de la ferme mais l’idée d’un méthaniseur germait. Après des études règlementaires et techniques, il a fallu investir 3 M€ avec 35% de subventions (Région + Ademe). En plus de l’ICPE, des agréments sanitaires sont en vigueur sur l’unité de production. La précision et la rigueur requises n’ont pas effrayé les agriculteurs.

Investir et penser au territoire

Jacques et Pierre Assemat n’avaient pas que la réduction des épandages de lisier en ligne de mire lors des premières études en 2014. Lancée en août 2018, l’unité de méthanisation fournit, à elle seule, 20 % des besoins de la consommation entre Labruguière et Saint Amans ! Ce biométhane est consommé par les citoyens et les industries (Terreal, Menguy’s,…). Parmi les apports extérieurs (30 % du volume digesté), on trouve les déchets de tonte et des biodéchets des collectivités, très rapidement impliquées dans le projet. D’autres fournisseurs de matières premières font également partie de l’aventure dans un rayon restreint à 50 km à la ronde.

Un outil connecté au sol

Pour autant, le reste de la ration du méthaniseur ne rentre pas en concurrence avec les troupeaux (laitier et allaitant). Pour cela, les CIVE (Cultures Intermédiaire à Vocation Énergétique) ont intégré les rotations de la ferme. «Nous semons le seigle à l’automne. Il sera ensilé avant l’implantation d’un maïs», explique Pierre Assemat. Des couverts d’été sont également valorisés. Le sorgho biomasse (en sec) produit entre 30 et 60 t/ha. Du ray-grass ensilé ira au méthaniseur uniquement si les silos des bovins sont remplis.

Le digestat en phase solide et liquide est valorisé sur les sols de l’exploitation mais aussi chez des collègues céréaliers. Un échange paille-digestat est en place suivant les besoins de chacun. Outre la baisse significative des odeurs, ce type d’épandage réduit aussi le risque de salissement des parcelles. Le long séjour dans le digesteur autour de 40°C neutralise de nombreuses graines d’adventices.

Travailler en injection

Le choix des éleveurs pour l’injection était certes orienté par la conduite de gaz à proximité mais pas seulement : «Il est plus technique et plus coûteux, mais vraiment plus facile à gérer au quotidien car il n’y a pas de pannes de moteur», précise Pierre Assemat. Comparé à un système de cogénération qui produit de l’électricité grâce à un moteur à combustion, le biométhane a un rendement nettement meilleur en sortie de ferme. Prospection des matières premières, nutrition du digesteur, maintenance et astreintes, l’unité requiert un mi-temps qui est partagé entre Pierre et son père.

Avec l’appui des techniciens sur site et à distance, il a fallu domestiquer «une grosse vache avec un gros estomac qui répond aussi rapidement que les animaux». Fait de métal, de béton et de membranes, le méthaniseur nécessite réflexion anticipation pour réussir des transitions de rations selon les saisons et les arrivages de matières premières. Se rajoute à cela l’importance de respecter le contrat de fourniture de gaz avec un débit maximum mensuel. Au-delà, le gaz est payé hors-contrat environ six fois moins cher. Pour éviter cela, il faut ouvrir l’œil sur les sondes et ordinateurs sans mettre en sommeil le bon sens paysan.

F. Roussel

Entrée/sortie du méthaniseur

• Ration :

- 20 t/j de matière végétale

- 24 m3/j de lisier bovin

- 1 apport par heure

• Production : 750 équivalents MWh.

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