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Ovin
Les parlementaires à l'écoute de la FDO du Tarn

Les acteurs de la production ovine ont invité sénateurs et députés à Montredon-Labessonnié vendredi 28 mai. L’occasion d’échanger sans détours pour défendre la filière.

© Le Paysan Tarnais

Les rencontres Made in Viande promues par Interbev à l’échelon national ont fait office de temps fort du printemps agricole alors que les évènements locaux et nationaux publics n’ont pas encore repris. Parmi les évènements tarnais, le Gaec de la Sabatarié a ouvert ses portes au public mais aussi aux élus. Les échanges ont été riches et les oreilles particulièrement attentives

La défense de l'aide ovine

Après l’accueil chaleureux de Marie-Claude Robert et Marc Rolland sur leur ferme, Émile Fabriès (président de la Fédération ovine du Tarn) a pris la parole pour rappeler l’importance de l’élevage ovin dans le département. «Avec 650 éleveurs viande de plus de 50 têtes et un total de 300 000 ovins, le Tarn est le troisième département ovin de France. Cet élevage est important pour l’emploi du territoire» a rappelé l’agriculteur avant d’adresser les remerciements aux élus pour avoir défendu l’aide ovine. 
L’utilité dans l’alimentation et l’économie locale des 300 producteurs laitiers représentés par le co-président de la FDO Jérôme Redoulès a également été soulignée même si des menaces pèsent sur cette filière (voir encadré). Pour Marc Rolland, président du Comité Interprofessionnel de l’Agneau du Tarn, après de longues années de déprise et face aux enjeux cités précédemment le maintien de l’élevage peut se faire «parce qu’il y a aussi un retour d’une bonne rémunération».

Un marché de la viande favorable

Un an après le premier confinement, les cours de la viande sont nettement élevés. Mais un marché, ce n’est pas qu’un prix et des agneaux. Marc Rolland a rappelé à l’assemblée l’importance de tous les maillons de la filière : «On peut entendre dire des choses ici et là, mais Bigard nous aide réellement pour remettre la viande ovine dans les assiettes.» Hubert Charlas, responsable de la filière ovine chez Bigard, a ensuite expliqué que l’abattoir de Castres était un site pilote pour la transformation destinée à la restauration hors domicile et que la demande de viande bio a été favorisée par la loi Egalim. 
Hormis ces petits signaux positifs récents, le gros du travail réalisé depuis plus 20 ans alors que les prix étaient bas et les autres pays bien plus offensifs qu’aujourd’hui. «Les labels en Occitanie ont sauvé la filière, a indiqué Hubert Charlas. Car pour maintenir nos prix, il faut amener de la qualité au consommateur.» Et si 75 % des éleveurs viande sont engagés en filière qualité, Émile Fabriès a souligné l’importance des autres élevages pour fournir les rayons des magasins de notre pays qui ne produit que 40 % de sa consommation. 

Des alertes à considérer

Alors qu’aucun aspect des filières n’a semblé échapper aux parlementaires qui ont posé des questions sur les raisons de la situation et sur les alertes, l’actuelle flambée des matière premières a été pointée par le président du groupe ovin Arterris, Didier Canalis, et Alain Nouvel président de la section ovin viande de la FDSEA 81. Comme les autres agriculteurs présents, il a demandé aux parlementaires de s’assurer que le PSN n’entérine pas une redistribution des budgets dédiés à l’élevage ovin vers les problématiques causées par les loups. Les éleveurs laitiers ont également désigné les contraintes que la production en AOC exige des exploitations alors que les volumes transformés sans signe de qualité sont majoritaires. 

D'autres sujets en débat

Le changement climatique, «qui a un impact sur le volet sanitaire des troupeaux» comme l’a rappelé Marie-Claude Robert, est déjà ressenti. Les précipitations excessives, à des moments où elles sont peut utiles, s’échappent alors que «un petit lac pour sécuriser la levée des semis d’automne et assurer notre autonomie alimentaire» feraient sens selon Grégory Galzin et les autres éleveurs présents. La Maison de l’élevage du Tarn également présente a rappelé aux parlementaires la force de l’accompagnement technique et sanitaire quasiment unique en France. Puissent l’envie de bien faire et le sérieux démontré par les éleveurs et leurs partenaires être portés jusqu’à Paris et être réellement entendus.

Le Nutriscore pourrait faire très mal aux fromages
Le nouveau secrétaire général de la Confédération générale de Roquefort, Sébastien Vignette, a alerté les sénateurs et députés sur «l’étiquetage trop simpliste» qui s’annonce. «Il est normal pour des produits transformés mais il n’a aucun sens sur des produits bruts et nobles» a-t-il poursuivi. De plus en plus demandé par la distribution dans un mouvement encouragé par des application de notation nutritionnelle, le Nutriscore risque de rentrer dans la réglementation européenne.
Cette idée, a priori positive, a malheureusement d’énormes écueils. L’Italie et d’autre pays font front pour éviter la généralisation de cette étiquette. Le risque est d’avoir une notation de l’huile ou d’autres produits bruts emballés dont l’évaluation nutritionnelle est faite pour 100 g de produit, sans distinction. «Ce n’est pas que le fromage de brebis qui en souffrirait. Tous les fromages sont concernés !» a signalé Jérôme Redoulès. 
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