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Les viticulteurs signalent en rayons les faux vins français venus d’Espagne

La FDSEA et les JA ont mené une action «stickage» dans les supermarchés de Gaillac, le 8 juin. Objectif : montrer que sous des étiquettes aux airs français se cachent des vins espagnols.

Méfiez-vous des contrefaçons ! C'est en substance le message que la section viticole de la FDSEA et des JA du Tarn a voulu faire passer aux consommateurs à travers une action de «stickage» réalisée dans les supermarchés de Gaillac, jeudi 8 juin. Une dizaine de viticulteurs ont ainsi arpenté les rayons de Carrefour Express, Intermarché et Leclerc à la recherche des vins espagnols commercialisés dans des packagings qui jouent à fond la carte du terroir français. Au final, le consommateur voit trouble en buvant un vin de la communauté européenne alors qu'il pensait sûrement avoir acheté un vin issus de l'hexagone. Et les viticulteurs locaux grimacent face à cette concurrence trompeuse qui inonde le marché et qui les empêche de vendre leur production.

«Des actions de ce genre ont déjà été menées dans d'autres secteurs de production comme le lait ou la viande, note François Fabre, président de la section viticole de la FDSEA. Chaque fois que la transparence n'est pas respectée ou que l'étiquetage entretient une confusion, on le relève et on le dénonce auprès des consommateurs en apposant sur ces produits des autocollants les incitant à consommer français. Car le client pense souvent bien faire en achetant un vin français avec une marque française, mais au final il se retrouve avec un vin espagnol ou de la communauté européenne, ce n'est pas normal.»

A travers ces autocollants ronds sur fond jaune «Mangez et buvez français, ce produit n'est pas français», les viticulteurs espèrent attirer l'attention du consommateur et l'inciter à se détourner de ces produits trompeurs.

«Beaumanoir», «Vieux Papes», «Alexandre Montmirel» sont autant de marques qui ont été «stickées» dans les rayons car leurs images de pseudos terroirs français sert en fait à écouler du vin étranger. La confusion est d'autant plus forte que ces produits sont mis en rayon à côté d'autres vins qui, eux, sont bien français.

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La moitié de la récolte 2016 est encore en cuves

Marc Aldibert, viticulteur depuis 27 ans, a malheureusement connu bien d’autres crises viticoles. La spécificité de celle-ci, à ses yeux, est qu’elle «est franco-française, à cause des importations massives en provenance d’Espagne, d’Italie et d’autres pays. Cela ne posait pas de problème tant que les récoltes étaient petites. Mais depuis deux ans ce n’est plus le cas et le marché est saturé» Selon la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt Occitanie (Draaf), les cours des vins SIG ont chuté de 8 % et ceux des vins IGP de 5%.

La situation serait encore plus critique ici estime Marc Aldibert : «On se retrouve avec des viticulteurs qui ont encore aujourd’hui la moitié de la récolte en cuve. Même si on donnait ce vin, on ne nous le prendrait pas. Jusqu’en 2005, la France importait 2,5 millions d’hectolitres par an, c’est 6,5 millions aujourd’hui ! A titre de comparaison, le vignoble de Gaillac à lui seul ne représente que 450 000 hectolitres. Comme 80 % du marché du vin est réalisé en grande surface, cela met la pression sur les vignerons pour assurer des prix bas. Or comme les distributeurs ont leur propre groupe de négoce, ils n’hésitent pas à vendre des vins espagnols sous marque française pour s’assurer de bonnes marges, mais au final on trompe le consommateur.»

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