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Soja : un contexte favorable pour une culture historique du Tarn

Aides PAC et cours porteurs obligent, les surfaces de soja ont fortement augmenté en 2014 et 2015. Et l’explosion de l’offre devrait se poursuivre… Etat des lieux des marchés actuels et perspectives. Un exemple d'utilisation du soja bio dans l'entreprise Nutrition et Nature à Revel.

L’usine Nutrition et Nature à Revel transforme 4 000 tonnes de soja chaque année. Ci-contre, en haut, la meunerie, en bas la «laiterie».
L’usine Nutrition et Nature à Revel transforme 4 000 tonnes de soja chaque année. Ci-contre, en haut, la meunerie, en bas la «laiterie».
© Nutrition et Nature

Une usine voisine, actrice de taille de la filière soja bio

C’est une belle réussite que celle de Nutrition et Nature à Revel. Il y a plus d’une trentaine d’années, ses fondateurs ont démarré sur un créneau quasiment inconnu de l’agroalimentaire. Aujourd’hui, ils sont au cœur d’un secteur en très fort développement… et à priori, c’est parti pour durer ! «Quand nous avons crée l’entreprise Soy en 1982, notre objectif était de faire connaître le tofu» explique Bernard Storup, créateur et ancien dirigeant de la société. «C’est le même procédé de fabrication que celui d’un fromage, sauf que l’ingrédient de base est le «lait» de soja. Il présente de nombreuses qualités nutritionnelles. Il répond notamment aux objectifs de rééquilibrage des apports en protéines végétales et animales dans l’alimentation occidentale. Comme en plus, il se prête à tout type de préparation, le tofu a connu un rapide succès. Nous avons accéléré notre développement en proposant également de nombreux produits préparés, afin de le rendre accessible au plus grand nombre.»

Chaque année, l’usine Nutrition et Nature transforme 4 000 tonnes de graines de soja. 60% des volumes sont en bio, 40% en conventionnel. La première étape consiste au nettoyage et au dépelliculage des graines de soja : c’est la meunerie. Ensuite, il s’agit d’obtenir le «lait» de soja. Il est obtenu après broyage des graines en milieu humide, cuisson et filtration. «Nous produisons actuellement 30 millions de litres de «lait» de soja. La moitié va être soit vendue en vrac à d’autres transformateurs, soit conditionnée en emballages longue conservation pour être une consommation en l’état. L’autre moitié est transformée sur place en tofu, dans notre atelier «traiteur». Le «lait» de soja est coagulé avec du chlorure de magnésium, qui est un extrait de sel de mer, puis il est pressé et utilisé sous forme de blocs «nature» ou comme ingrédient dans de nombreux plats cuisinés. Nous avons aujourd’hui une gamme de plus de 80 recettes ! Nous ne travaillons pas que le soja. Sur les 3 000 tonnes de produits cuisinés alimentaires qui sortent de l’usine chaque année, 30% des volumes sont élaborés à partir de céréales.»

Un approvisionnement 100% local

Depuis les débuts de l’entreprise Soy en région parisienne, la stratégie des dirigeants concernant l’approvisionnement des usines en matières premières a été la même : toujours du local ! «Il faut être logique. Nous faisons la promotion d’un aliment qui est bon pour la santé et bon pour l’environnement. Nous n’allons pas utiliser des graines qui font des milliers de kilomètres !» Dès les années 90 et l’installation de l’entreprise à Revel, la volonté a donc été de structurer une filière en lien étroit avec les producteurs. «L’association Sojadoc née en 1994 a permis de concrétiser ce partenariat. Nous avons par exemple pu mener des expérimentations stratégiques pour l’amélioration qualitative du soja cultivé dans la région. Nous avons ainsi vraiment réussi à progresser sur le plan variétal. Aujourd’hui, l’association est toujours très active et permet de mener de nombreux projets pour le développement de la filière comme la réalisation d’études ou l’acquisition d’outils de stockage spécifiques.» Chez Nutrition et Nature, l’optimisme est de mise. «Notre chiffre d’affaires est en constante progression. Et nous sommes très confiants pour l’avenir : nous allons poursuivre sur cette tendance. Les besoins alimentaires mondiaux augmentant plus vite que la production agricole, la couverture des besoins en protéines ne pourra se faire que par une réduction de notre consommation de protéines d'origine animale. La diversification de l’alimentation est donc incontournable. Et nous proposons d’amorcer cette diversification grâce à des produits plaisir !»

S. Lenoble

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