Le Paysan Tarnais 28 novembre 2019 à 08h00 | Par D. Monnery

Comment produisent-ils de l'ail de semence ?

Entre Lisle-sur-Tarn et Salvagnac, des petites parcelles d’ail semence apparaissent chaque année, parfois même au milieu des champs de céréales... et ce n’est pas sans raison.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
De gauche à droite : Thomas, Benjamin et Maxime Durand dans la parcelle d’ail blanc semence, plantée fin octobre, située dans une parcelle d’orge. © Le Paysan Tarnais  © Le Paysan Tarnais

Thomas et Maxime Durand travaillent une SAU de 300 ha regroupés après plusieurs départs à la retraite dans le secteur ces dernières années. Les céréales représentent 280 ha. Il n’y a pas de règle d’or pour les rotations. La météo, les versants de coteau et les adventices influent sur le choix des cultures qui sont toutes menées en sec. On trouve du blé dur, du blé tendre, de l’orge, du tournesol, du soja et du maïs. Les semences fourragères (fétuque, luzerne) couvrent 35 ha et s’intègrent dans les rotations ce la partie céréales. Jusqu’à présent, l’assolement était complété par 5 ha de tabac. Les autres cultures à forte valeur ajoutée sont l’ail blanc semence (1 ha) et l’ail rose semence (3,8 ha). Dans les coteaux fortement argileux où le travail et le développement des plantes sont contrariés par le manque ou l’excès d’eau, le métier de multiplicateur de semences aide l’ensemble de l’équipe.

Choisir où cultiver l’ail semence

Pour obtenir une production de qualité en bonne conditions, les cultivateurs privilégient les versants sud et les zones avec la meilleure terre. Cette stratégie les conduit à choisir des mini-parcelles au cœur de grandes parcelles de céréales. L’importance du positionnement, de l’accessibilité et de la facilité à apporter l’eau priment sur d’autres facteurs.

La SAU totale et les nombreux coteaux offrent la possibilité de continuer à planter l’ail semence sur une terre qui n’a jamais connu d’alliacées. Les producteurs d’ail les plus proches sont à plusieurs kilomètres, ce qui évite le casse-tête des zones d’isolement parfois problématiques en maïs semence. Pour la partie administrative, tout est une affaire de dessin et de réécriture des parcelles. L’habitude et la méthode font le reste.

Réduire les risques grâce aux fondamentaux

Les producteurs reçoivent des sacs de bases ou de pré-bases qu’ils vont égrener. Dans le cas d’une pré-base (F3), les Durand effectuent un égrenage à la main. Une personne produit 80 kg/jour pour cette fastidieuse manipulation. «Quand il s’agit de bases (F4, F5), nous allons chez Alinéa et utilisons une machine qui a un débit de 800 kg de têtes par demi-journée», précise Maxime. Peu avant de les planter, les semences sont protégées par enrobage pour éviter les problèmes sanitaires.

La plantation de l’ail rose est faite avec une Super Prefer 3 rangs entre le 1er décembre et la mi-janvier. La fiabilité et l’efficacité de la machine ainsi que les mains disponibles la maintiennent au poste. Il faut donc trois personnes pour l’alimenter ainsi qu’un chauffeur sur le tracteur afin de mettre en terre 1 ha/jour.

Les adventices les plus surveillés sont le liseron et le gaillet. Thomas et Maxime disqualifient les parcelles où ces plantes n’ont pas poussé dans le précédent (de préférence l’orge). Le labour avant ail semence est systématique. Les désherbages post-semis participent au développement dans les meilleures conditions de l’ail. Il est important d’apporter du soufre (50 unités) en plus des éléments NPK.

Une quête permanente de qualité

Avant la fin mars, les producteurs posent des filets anti-insectes sur des arceaux pour les pré-bases. L’objectif est d’empêcher la contamination par des pucerons vecteurs de virus. Pour assurer la croissance de l’ail semence, il peut être irrigué «avec 25 mm en année normale et jusqu’à deux fois 30 mm en année très sèche». Une station météo au champ et l’observation de la plante et du sol nourrissent la décision d’arroser ou pas.

Le despoulinage est effectué 21 jours avant la récolte qui s’effectue avec un tapis de triage positionné près de la parcelle. Les bulbes abîmés sont mis à part il faut parfois ré-équeuter et déterrer. Ces deux aspects, mal maîtrisés, peuvent mener à des réfactions sur le prix. Avec une bonne dizaine de personnes, 60 à 80 ares sont arrachés, triés, conditionnés chaque jour. Cinq à six jours sont nécessaires pour arracher tout l’ail rose et la période de maturité est très courte. La fin du marathon se termine par 30 km de transport jusqu’à la station Alinéa située à Alos. Les travaux pour l’ail laissent alors la place au ballet des moissonneuses avant la prochaine saison de multiplication.

F. Roussel

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Paysan Tarnais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Paysan Tarnais
La couverture du journal Le Paysan Tarnais n°2650 | décembre 2019

Dernier numéro
N° 2650 | décembre 2019

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui